A cœur joie

 

femme dansantQuand on emménage dans une nouvelle maison, on a hâte de s’en faire un vrai chez soi. Vite repeindre tout en blanc pour mieux respirer. Vite un mur de couleur pour la gaieté, des coussins pour la douceur. Et le plus vite possible se débarrasser des encombrants cartons du déménagement !

Et pour se faire un intérieur de soi harmonieux , comment s’y prend-on ? Met-on le même enthousiasme à ouvrir les fenêtres, à secouer les tensions, à baisser le son d’Inter Soucis, la radio interne qui ressasse en boucle angoisses et inquiétudes
Pour ranimer notre longueur d’ondes, rien de tel que le chant et la danse. Quand on est dans son souffle vital, animé par des vibrations de vie, des choses émergent. Et c’est toute notre vie qui commence à chanter. A renouer avec la joie.

les Chinois qui relient tous les grands organes à des émotions (la peur est dans le rein, la colère se loge dans le foie et la tristesse dans le poumon) associent la joie au cœur.
Nietzche fait lui aussi de la joie le principe de notre force vitale. « C’est l’affirmation de la vie contre la mort, de la santé contre la maladie, de la création contre l’inertie, explique Fréderic Lenoir dans son dernier livre La Puissance de la joie. La joie se cultive par un travail sur soi, une sorte d’autothérapie… Pour affirmer tout ce qui nous porte vers la vie, tout désir qui nous épanouit, nous grandit . Il s’agit d’apprendre la multiplicité des sources de joie en soi et de les faire croître »
Déjà deux siècles avant Nietzche, Spinoza parlait du conatus, le mot latin,  pour l’effort qui nous tire vers le haut et nous met dans la joie. L’effort qui nous permet de mener à bien un travail et d’en tirer satisfaction : qu’il s’agisse d’une jolie table pour recevoir des amis, d’un dossier bien bouclé, ou pour un enfant d’une belle construction de cubes. Je ressens moi-même cette joie quand j’avance dans une séance de réflexothérapie, Voir s’ébaucher les premiers résultats de bien-être et de détente m’apporte beaucoup de joie.

Comment garder le cœur gonflé de joie ? Le livre de Frédéric Lenoir nous ouvre au Consentement. Accepter de prendre la vie comme elle se présente sans désirer qu’elle vienne renforcer notre ego. Ne plus attendre reconnaissance, consolation pour être dans la joie. Travailler sur soi pour ne plus avoir besoin d’être réconforté, flatté, séduit. Et travailler sur la représentation que nous nous faisons de nous–mêmes, des autres, de leurs actes et paroles.
Dans son Journal Etty Hillesum parle d’un « grand ménage intérieur. »
« Le grand obstacle, dit-elle, c’est toujours la représentation et non la réalité ( … ) Cette représentation de la souffrance, il faut la briser. » La jeune femme, juive Hollandaise, qui consigne dans son journal de 1941 à 1943 les dernières expériences de sa vie a fait de ces événements terribles un formidable développement personnel. En 1942 elle note : « Tout m’est connu, aucune information nouvelle ne m’angoisse plus. D’une façon ou d’une autre je sais déjà tout. Et pourtant je trouve cette vie belle et riche de sens. A chaque instant. »

illustration Getty images

 

 

 

 

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